La Folie, une maison de la reconstruction réconciliée.
La première fois qu'on visite cette maison, on peut ne pas remarquer deux choses : la beauté des briques ocres -ces ocres typiques des carrières des Ardennes- qui racontent en silence toute une géographie locale ; et un jardin invisibilisé par une implantation à 45° sur le carrefour, qui fait littéralement tourner le dos à l'extérieur.
C'est avec ces paradoxes que le projet s'est développé. L'extension, certes modeste car contrainte par les prescriptions de zone inondable, est cruciale. Avec ses lignes brisées contemporaines, elle vient s'appuyer contre la brique ancienne comme une évidence. À l'intérieur : une cuisine et un coin repas, des ouvertures sur le jardin qui n'aurait jamais dû disparaître. Son soubassement est réalisé en briques de réemploi, issues de la démolition d'une petite annexe sur site.
En façade, l'entrée est redessinée par une menuiserie double hauteur qui réunit l'ancienne porte et une petite fenêtre du premier étage. Depuis le trottoir, on devine maintenant l'escalier. La maison s'annonce enfin avec emphase, réconciliée avec elle-même.
Esquisse pour la rénovation thermique & extension contemporaine de 20 m².
Réemploi : briques de l'annexe démolies sur site, lame de fond de wagon en plancher, plancher en tête de lit, fenêtres en bibliothèque
Matériaux : bardage bois pré-grisé.
Œuvre : “Les doggies 3” de Pascaline Sauzay. Wilo and Grove.